Par Marco
L’immense abandon des plages est une œuvre magnifique, remplie de lucidité.
C’est tout un talent qui a permit de donner vie aux personnages de Claire, Élisabeth et Julien, et de les projeter dans un décor aussi pittoresque. Les mots de Mylène Durand sont lourds de sens et décrivent avec une perspicacité fascinante le sort des protagonistes.
Toujours on ressent la présence et le poids des Îles-de-la-Madeleine, qui sont un véritable miroir des pensées des personnages. La solitude est poignante, chacun s’enlise dans son deuil, chacun cherche à se réconcilier avec la mort de sa mère. Toujours, la mer omniprésente nous rappelle à elle, nous fait sentir l’immensité de la perte. On a peur de la mort comme on a peur de la mer qui se déchaîne : c’est l’inconnu qui nous fait violence.
Ce roman n’est pas un baume. C’est une constatation un peu cruelle de l’injustice de la vie, des épreuves que le temps aide à traverser. Les trois personnages tentent à leur façon de palier à cette douleur qui leur est imposée. Le personnage de Julien est touchant de mutisme et m’a particulièrement affecté.
À l’image du mouvement inéluctable des vagues qui se rompent sur la rive, la fatalité des personnages est une évidence dès le début du roman. Mais une évidence est parfois terriblement difficile à mettre en mots. Mylène Durand les a utilisés avec une puissance et une clairvoyance formidables. Les images qu’elle nous dépeint sont brillantes, elles nous arrachent des soupirs. L’auteure transcende la réalité pour la rendre plus accessible. C’est ça, la littérature.

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