Par Julie GravelR
Suite de la 1ere partie.
La quatrième de couverture de Ce qui s’endigue présente Annie Cloutier comme une étudiante en sociologie, dont les thèmes de prédilection sont la maternité, la sexualité, la construction de l’identité, le féminisme différencialiste et la sociologie du quotidien. Des thèmes chers à l’auteure qui cherche, par la fiction, à véhiculer ses idées. Par exemple, dans Ce qui s’endigue, elle a traité du thème de la naissance auquel elle attache une grande importance, ayant œuvré plusieurs années comme accompagnante auprès des mères. Annie Coutier a elle-même accouché à la maison, une expérience marquante. L’autre thème qu’elle a cherché à aborder est celui du commerce équitable. Mais elle se défend bien d’être anti-consommation! En fait, Annie Cloutier admet qu’au début de l’âge adulte, elle a eu une phase de révolte. Elle voulait changer le monde, habitée d’une certaine colère. « La colère d’Angéla, c’est moi! », avoue-t-elle. Mais une colère qui s’est apaisée. « Nous vivons dans une époque formidable. On a l’abondance, les enfants naissent bien, on vit longtemps, en santé. L’humanité a toujours poursuivi ce but : se sortir de la subsistance! » Sans compter que notre société permet le destin individuel.
Mais l’idée centrale de Ce qui s’endigue, plus que tout, même si elle n’est pas nommée, c’est que la vie, c’est lumineux. Elle n’est pas parfaite, mais elle peut être agréable. « Ce qui s’endigue, c’est une réponse au marasme ambiant», lance l’auteure, exaspérée de lire un peu partout que nous vivons dans une époque pourrie. « Je ne veux pas passer pour une folle qui pense qu’il n’y a pas de problèmes à régler, mais on vit en paix en Occident depuis soixante ans! » Elle veut donc présenter une facette lumineuse du monde.
Alors qu’Annie Cloutier entreprendra sa maîtrise en sociologie en septembre, on peut se demander si la fiction gardera la même place dans sa vie. À ce sujet, aucune hésitation chez la jeune femme : « Quand il y a un conflit d’horaire, c’est toujours la littérature qui l’emporte! », mais elle admet qu’elle a senti le besoin de retourner à l’université pour se donner de l’envergure, pour nourrir son écriture. Elle souhaite également écrire sur des problèmes sociologiques. Elle veut prendre position sur des sujets de société, et les diplômes lui donneront une crédibilité.
Et le fait d’être femme? En quoi cela marque-t-il son parcours d’auteure? Annie Cloutier s’affiche comme féministe. « Une féministe un peu spéciale, parce que j’ai été mère à la maison ». Une décision parfois difficile à défendre, mais qu’elle voit tout à fait conciliable avec le féminisme. En fait, elle voit que la société actuelle est encore, dans ses standards de réussite, une société masculine. Sans être un problème grave, il est présent. Et Annie Cloutier a décidé que ce combat en valait la peine. « Donc, oui, dans mon écriture, je mets en scène des femmes parce que je trouve important de dire la vie des femmes. C’est ce que j’ai envie d’écrire. Mais j’espère à en venir à écrire une réalité tellement prenante qu’elle deviendra un roman total. Reconnu comme étant capable de dire une réalité au complet. »
L'entrevue est très intéressante. J'ai hésité à qualifier le roman de féministe dans mon commentaire. Bien que le sujet soit la vie de deux femmes, je trouve que le roman va plus loin. La réalité décrite dans ce qui s'endigue est déjà bien complète je trouve.
Rédigé par: Phil | 02 avril 2009 à 12:45
Alors Annie Cloutier sera sans doute contente de lire ton appréciation, Phil!
Rédigé par: Julie GravelR | 02 avril 2009 à 16:19
J'apprécie ces entrevues instructives mais qui ne dévoilent aucun punch, tenant compte que je n'ai pas encore lu une ligne (je commence demain !).
Alors ici, parfait, ça complète, donne le goût, mais n'enlève rien à l'intrigue du roman.
Rédigé par: Venise | 04 avril 2009 à 16:05