Chronique à Radio-Canada, mise en images et dénichée sur YouTube.

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Tous les goûts sont dans la nature et je peux convenir que la postface ne soit pas parlante pour certaines personnes.
Mais quand Jean Fugère dit «La fiction c'est beaucoup plus fort qu'une analyse intellectuelle...»... Ben là je m'excuse... C'est tellement condescendant. C'est quoi cette affirmation universelle. La fiction et l'analyse intellectuelle sont deux modes d'expression différents, mais l'un n'est pas plus fort que l'autre.
En tout cas, ça me met hors de moi. Je suis fâchée là. :o)
Rédigé par: Catherine | 25 juillet 2008 à 16:36
Je pense en fait qu'il voulait dire que le roman voudra toujours dire plus que toute analyse intellectuelle que l'on peut en faire. C'est par la fiction que passe le message de Mélanie Gélinas, et ce n'est pas une analyse de cette fiction qui fera comprendre la pleine teneur de son message à quelqu'un qui ne l'aurait pas lu par exemple.
Rédigé par: Maxime | 27 juillet 2008 à 09:47
Mais je suis pas d'accord. Et là je parle même pas de Mélanie Gélinas et de sa postface. Je pense que des analyses intellectuelles peuvent être très riches et très porteuses de sens. De toute façon, comme le faisait remarquer un ami, dire ça de sa position c'est comme nier l'importance de son travail. Chaque fois qu'on commente on est dans l'analyse, bon pas toujours intellectuel, mais du moins on essaie.
C'est comme nier l'importance des plus grands commentateurs littéraires. En fait c'est comme dire que les études littéraires servent à rien. L'art pour l'art, l'interprétation est inutile.
Rédigé par: Catherine | 27 juillet 2008 à 09:51
Bien sûr que les analyses intellectuelles peuvent être très riches et très porteuses de sens! Mais elles ne pourront jamais (enfin, c'est mon avis) apporter autant de nuances que la fiction, le roman lui-même. L'analyse est un texte de nature explicatif, et l'explication ne laisse pas autant de place aux nuances qui peuvent être peintes par le style, le choix des mots, le rythme, etc... du récit de fiction.
Bien sûr l'interprétation faite par une analyse peut aider à mieux comprendre une fiction, mais à mes yeux le travail de l'auteur sera toujours plus admirable que le travail de l'analyste littéraire, pour la simple et bonne raison que l'analyste construit sur l'œuvre de l'auteur.
Rédigé par: Maxime | 27 juillet 2008 à 13:00
Ben je suis pas d'accord. Du tout. Premièrement l'analyste construit pas sur l'oeuvre de l'auteur, il construit sur l'oeuvre de l'auteur mais aussi sur d'autres considérations: intertextuelles, historiques, sociologiques, psychologiques, qui parfois même échappent à l'auteur.
Dans le livre «Comment parler des livres que l'on a pas lus», l'auteur dit que la culture se n'est pas le nombre de livres lus, mais la capacité de mettre ses livres en lien, d'en extraire du sens: mais c'est ça une analyse intellectuelle.
Et une analyse intellectuelle bien ficelée (faut lire Thierry Hentsch - Raconter et mourir) peut être tout aussi porteuse de nuances et de sens.
C'est comme le documentaire en cinéma: le documentaire n'est pas nécessairement moins inspiré que le film de fiction.
La question n'est pas de savoir si un texte de fiction se suffit en lui-même... bien entendu. Mais l'analyse intellectuelle apporte autre chose, elle mène ailleurs. Elle ne parle pas de la même chose. Justement, un texte de fiction se suffit en lui-même, c'est l'analyse intellectuelle qui est en mesure de le recontextualiser.
Rédigé par: Catherine | 27 juillet 2008 à 15:09
Pas d'accord du tout :P. L'analyste ne construit QUE sur l'œuvre de l'auteur, les considérations intertextuelles, historiques, sociologiques, psychologiques, etc. faisaient PARTIE de l'œuvre. L'analyste n'invente rien, mais se base sur le récit. Il n'a pas vraiment le choix d'ailleurs, car les liens qu'il fait doivent être... lié au récit. S'il inventait quelque chose qui n'a rien à voir avec le récit, il ne serait pas vraiment un bon analyste!
Comprends bien que je ne veux absolument pas réduire le travail des analystes littéraires. Leurs analyses apportent souvent des éclaircissements énormes et il est vrai que, comme tu le dis, ceux-ci arrivent même parfois à présenter une vision du récit qui échappe à l'auteur. Mais cela ne change rien : la vision d'une analyse est l'une des innombrables autres visions contenues dans un même récit, d'où les nuances.
L'analyse ne mène pas "ailleurs", elle mène à l'intérieur même du récit de fiction.
Mais bon, moi je ne suis qu'un petit étudiant du Cégep (même pas en Art et Lettres), alors je ne prétends aucunement posséder la vérité absolu. Ce n'est que ma façon de voir la question! ;)
Rédigé par: Maxime | 27 juillet 2008 à 15:51
Oh ben hein, si on discutait pour trouver la vérité, ce serait tellement vain...
Mais je suis pas d'accord quand même. :op
Je ne pense pas que l'analyste construit sur l'oeuvre, je te dirais qu'il construit ENTRE LES OEUVRES, il crée des liens entre les Textes (avec une majuscule parce qu'au sens le plus large du terme.)
Et je te dirais même qu'un auteur de fiction fait exactement la même chose, il s'inspire du monde et des autres oeuvres pour créer du nouveau.
C'est comme un build-up. La différence elle n'est pas sur l'impact ou l'intensité, c'est une différence de langage.
Rédigé par: Catherine | 27 juillet 2008 à 16:14
Eh ben dis donc, passionnant cette discussion en réaction à un clip somme toute assez inoffensif, que j'avais visionné hier sans trop me poser de question... Comme quoi, s'interroger, débattre, ça fait avancer le monde, quoi qu'on en pense.
Vous avez tous les deux des points très intéressants et c'est fantastique qu'un simple texte ait pu susciter autant de conviction de part et d'autre.
Rédigé par: Lucie | 31 juillet 2008 à 15:02
People should read this.
Rédigé par: Selima | 29 octobre 2008 à 05:44